quelques photos

En Loire-Atlantique, découverte de la Presqu'île Guérandaise et du Parc Naturel régional de Brière. Informations et liens utiles, sites Internet, Hébergement, lieux touristiques, restauration, Artistes de la région. La Loire-Atlantique en Bretagne Sud pays de magie et de lumière
Vendredi 11 janvier 2008
ça y est, c'est reparti, l'année est cette fois commencée au marais.
Et comme tous les ans, le mois de janvier est consacré à la réfection des digues, abimées par les intempéries de l'automne.
Je sais ce que vous allez dire, j'en ai déjà parlé l'année dernière, mais c'est quand même un peu différent.
L'an passé, je vous avais montré comment on relève un veau, un pan de talus qui s'éboule.
Cette année, le talus (le même que l'année dernière mais un peu plus loin) ne s'est pas éboulé, mais la terre dont il est fait est complètement pourrie.
C'est une expression figurée, bien sûr, mais cela n'empêche qu'il se pose dans ce cas là un problème:
le govérage.
Govèrer, ça veut dire que l'eau de l'étier, à marée haute, passe à travers le talus, qui n'est en fait plus étanche, et innonde la saline ou la vasière de l'autre côté. Ce phénomène se produit souvent en fin d'été, quand les talus sont très secs, ou aux très grosses marées.
Dans le cas d'aujourd'hui, la terre du milieu du talus est pleine de galeries, et de fentes, par où passe l'eau de mer.
Il faut donc "démonter" le talus, puis le remonter en mélangeant la terre et en la tassant bien.

Tout d'abord, le démontage:

On éboule la terre jusqu'à retrouver le coeur du talus, où en général elle est meilleure/
Puis on met des planches et des piquets en bas, comme je vous l'avais montré l'année dernière.
Ensuite, il faut ramener de la terre, pour mélanger les deux et obtenir un talus digne de ce nom:
Ici, le problème est que la terre, elle est de l'autre côté de la vasière:

Il faut donc traverser la vasière à coups de brouettes, sur des "planches de roule":


Autant vous dire que c'est relativement sportif.
Cet exercice tient à la fois autant du patinage artistique et de la luge que de la conduite de brouette proprement dite.
Mais malgré tout la terre arrive à destination, et le talus finit par monter:

En arrière plan, notez la réparation qui a fait l'objet d'un article l'année dernière.
Le chantier n'étant pas encore terminé, vous aurez les photos du talus tout neuf bientot.
En attendant:

Aïe Hi; Aïe Ho, on rentre du boulot!!


Par Lionel - Publié dans : journal de bord
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Dimanche 21 octobre 2007
J'ai un peu honte.
Suite à une crise de flemme prolongée, doublée d'un manque d'inspiration notoire, vous avez sans doute remarqué l'inactivité de ce blog.
Mais c'est terminé, et je reprends la plume enfin, pour vous donner les dernières nouvelles du front.
Et pour commencer, tirons donc le bilan de cette saison passée si minable fut-elle.

Saison exceptionnelle, il faut bien dire, puisque nous n'avons déchargé les marais que fin juillet, alors que d'habitude on fait ça mi juin.
Puis nous n'avons récolté que 5 jours au début du mois d'aout, avant d'être à nouveau interrompus par la pluie.
Heureusement, le mois de septembre a été beau, et on a du coup pu récolter du sel, et même de la fleur de sel pendant quasiment tout le mois.

Au final, donc, pour vous donner une idée, on a en moyenne récolté un quart du sel qu'on ramasse normalement sur une saison.
Ceci dit, l'heure n'est pas pour autant aux lamentations, on sort d'une série de bonnes saisons, et comme le sel se conserve, il nous reste des stocks des années passées, et vous n'êtes pas prets de manquer de sel de Guérande!!

Pour me faire pardonner de ma longue absence, je vous mets quelques photos, qui illustrent bien ce qu'est la fleur de sel, pour ceux qui ne voient pas trop à quoi elle ressemble dans les marais:

fleur de sel
Elle se forme partout dans l'oeillet, mais le vent la pousse vers les bords, où elle s'agglutine en "croute" semblable à de la glace à la surface d'un étang.
C'est pourquoi on la ramasse en passant par en dessous, à l'aide d'une lousse à fleur, sorte d'écumoir.
En voici une autre photo, sur laquelle on voit aussi du gros sel (posé sur le fond d'argile, lui) qui émerge un peu de l'eau vers le milieu de l'oeillet:
Par Lionel - Publié dans : journal de bord
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Jeudi 30 août 2007
Voilà, l'été tire à sa fin.
En tout et pour tout, je n'ai fait que six jours de récolte, et encore avec des prises étonnamment ridicules.
Ce qui me rassure, c'est que je ne suis pas seul dans ce cas, on est tous pareils ici.
Mais, après les pluies encore abondantes du début de la semaine dernière, on a enfin eu ce qu'on attendait depuis le mois de mai, une "tempête de vent d'est".
Car quand le vent d'est ou de nord souffle en furie, on  voit presque l'eau s'évaporer à vue d'oeil.
Du coup, l'eau douce est quasiment évaporée, et dans deux jours normalement, on devrait revoir du sel.
D'après les anciens, on peut toujours sauver une saison en septembre, s'il fait assez beau.
Peut être même que ça me redonnera l'envie de faire des photos des marais, parce que cet été, ça me déprimait trop!
Alors à bientot, et croisez les doigts, ceux qui veulent voir du sel de Guérande en 2007!
- Publié dans : journal de bord
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Jeudi 9 août 2007

Je reprends la plume après m'être rendu compte que j'avais encore oublié de faire des photos du déchargeage des marais . Je vous en parlerai donc l'année prochaine.

Et je vous aurais bien mis quelques photos du démarrage de la saison, mais j'ai égaré mon appareil. Dès que je le retrouve, je mitraille et vous serez les premiers à en bénéficier.

Quant à la saison, donc, c'est du jamais vu, de mémoire de paludier. J'ai fait ma première "prise" de sel le 5 aout, c'est à dire 6 jours plus tard qu'en 1998, année déjà hyper tardive.

Et encore, première prise n'est pas le bon mot, j'aurais du dire "j'ai marqué", mais il      faut alors que je vous explique:

Le paludier lambda, il n'aime pas être dans les derniers à démarrer la récolte. Quand il a de bons marais, et qu'il est bon lui même, il aime d'ailleurs faire du sel le premier. C'est pas de la frime, c'est juste que c'est pour entendre les autres dire "ouah! "  et rire dans sa moustache.

Donc, dès qu'il y a suffisemment de sel dans l'oeillet pour en mettre sur la ladure (le rond entre deux oeillets) on s'empresse généralement de le faire. Mais on ne remonte que 5 kg de sel souvent, au lieu de 50 kg pour une prise normale. On dit alors qu'on a juste "marqué " le marais.

Bon autant vous le dire, je n'ai pas marqué le premier, loin s'en faut (sur Kervalet, et Saillé, ils ont eu moins de pluie, c'est pour ça qu'ils ont démarré avant nous!!), mais pas le dernier non plus, donc tout va bien au moins pour ça.

Blague à part, quand une saison s'annonce courte comme celle ci (vu qu'il ne reste à l'heure où je vous parle plus que 22 jours dans le mois d'aout), plus on démarre tôt, plus on a de chances de sauver la saison.

Je reviens demain pour vous parler de fleur de sel, parce que j'ai entendu l'autre jour Jean Pierre Koffe à la radio, ça m'a hérissé le poil!

 

Par Lionel - Publié dans : journal de bord
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Mercredi 27 juin 2007

Il y en a qui devaient se demander si l'auteur de ce blog n'était pas mort!

 

Eh oui, ça va faire deux mois que je n'ai pas mis un article, vous vous demandez surement pourquoi.

Non, je n'ai pas décidé d'arrêter, mais tout simplement, au marais, il ne se passe rien!

Dans les dictons du marais, j'ai parlé de celui qui disait "orage de mer, quarante jours".

Ben voilà, c'est illustré cette année.

On en a pris un le premier mai, et ça a fonctionné. Quarante jours de temps détraqué, ce qui nous a amené jusqu'au dix juin. (on a ramassé 10 cm d'eau douce juste sur le mois de mai)

Jusque là, rien de bien étonnant, c'est déjà arrivé, et ça arrivera encore, on peut le supposer.

Par contre, là où ça se complique, c'est que quatre jours plus tard, on en a repris un autre, qui venait lui aussi de la mer.

Conclusion: on peut compter sur encore quarante jours de temps pourri. Et là encore pour l'instant le dicton fonctionne à plein. On peut donc supposer qu'on ne reverra du vrai beau temps qu'à partir du 20 juillet environ.

Et là, c'est déjà moins courant. Les oeillets, qui devraient être prêts à faire du sel, se retrouvent avec 6 cm d'eau douce, au lieu de 5 mm de saumure.

Autant vous dire que si vous venez à Guérande, vous n'êtes pas prets de voir du sel!

(pour ceux qui ont regardé le jt de 20h samedi dernier, vous devez être au courant)

Rassurez vous, ici on n'est pas en train de pleurnicher sur notre sort, il y a du stock!

Car malgré tout on sort d'une série de bonnes années, et comme notre produit se conserve facilement, le secret de la longévité au marais c'est de constituer un stock de sécurité, en prévision des mauvaises années.

Alors ici on s'occupe comme on peut, on arrache de la salicorne, on roule des tas de terre (à la brouette) pour mettre les salines propres, ce qu'on n'a pas le temps de faire lors des grosses saisons.

Le seul bémol qu'on peut trouver à ça, c'est qu'en fait on est plus fatigué à travailler trois heures par jour pendant des étés comme celui là, qu'à faire des journées de quinze heures quand il y a du sel!!

 

Par Lionel - Publié dans : journal de bord
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