quelques photos

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Dimanche 4 juin 2006

Quand je pense qu'il y a une semaine je disais sur ce meme blog que rien n'avançait!!

Depuis, les choses ont bien changé. En une semaine, il a fait tellement beau que certains voient déjà du sel dans leurs marais..

Alors tant pis, il n'y aura pas d'article sur le boutage (le premier nettoyage des oeillets), car j'ai fini et je n'ai pas eu le temps de faire des photos.

Demain, on attaque le déchargeage des oeillets. Il s'agit cette fois de les mettre à sec completement, et de les nettoyer avant de remettre de l'eau qui fera du sel.

Les photos arrivent dans la semaine dès que j'aurai 5 minutes.

Eh oui, c'est ça le marais, on glande pendant une semaine en se disant qu'on a tout le temps devant nous, et une semaine plus tard, c'est un week end de 3 jours qui nous passe sous le nez.

Dès que j'ai le temps aussi, je vous mets en exclusivité mondiale la passation des oreilles de Mickey.

Eh oui, Jean Luc, lauréat 2005 les a remises à Pierre Marie, qui de l'avis du jury (l'équipe des Mickey-coins, je le rappelle) aurait même mérité la queue s'il y en avait eu une.

Par Lionel - Publié dans : evenements
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Mercredi 31 mai 2006

Le travail dans les marais salants n'est pas toujours un travail de solitaire. Les oeillets ont besoin d'être refaits à neuf (on dit chaussés) tous les 20 ou 30 ans, et c'est un boulot qu'on ne peut pas faire tout seul. A Guérande, les paludiers sont donc regroupés en équipes de chaussage au nombre de 8 (je crois).

Je fais partie de l'équipe dite de Queniquen (ça se prononce queue-ni-coin) du nom du village où habitaient les anciens de l'équipe (vu le prix du foncier chez nous, la plupart habitent aujourd'hui plus loin des marais).

Les jaloux nous appellent Mickey-coins, mais c'est parce qu'ils sont jaloux.

Du coup nous avons décreté l'année dernière de décerner les "oreilles d'or" à celui qui aura le chantier le plus mal organisé. Ceci fera certainement l'objet d'un prochain article.

Ce matin, nous "tournions les marais" comprenez nous labourions le fond des oeillets, pour les remettre de niveau et leur redonner une forme adéquate.

Ce chantier commence à 5h30, dans la pénombre, pour profiter de l'absence de vent (car c'est l'eau qui nous donne le niveau, alors s'il y a du vent, tout est faussé).

Voici quelques illustrations de cette dure matinée.

Voici l'équipe de Queniquen, au grand complet (il manque le photographe). Il est 7h15, première pause


paludiers sans leur houlette

Pendant ce temps les pelles(nommées ici houlettes)  refroidissent
houlettes au repos

 Philippe, notre hôte, contrôle les niveaux. Gare aux oreilles s'il se plante!



C'est pas le tout, il faut finir le boulot. Il reste à faire les galoches, le centre des oeillets



Un oeillet terminé. C'est beau, non? Une fois applaties , les motes disparaitront avec le temps



QUELQUES TROGNES DE PALUDIERS:


Pierrick et Jean Paul en pleine reflexion:
- Tu sais ce qu'on mange au casse croute?
- Ben non, mais ça a interêt d'être bon!!


Philippe, maitre de cérémonie. Soulagé, il semble avoir échappé aux oreilles de Mickey



Jean- Luc et Philippe (l'autre), morts de soif
Notez que chez les paludiers, on doit toujours avoir un outil dans la main.
En l'absence d'outil, on prend un verre.



Et maintenant, le casse croute.
On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, ni les paludiers avec du slim fast!!
Par Lionel - Publié dans : evenements
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Mardi 30 mai 2006

Voilà, le soleil est bel et bien revenu, et avec lui un vent de nord à "décorner les boeufs".

Du coup, l'eau s'évapore à bloc, et ça va bientot sentir le sel. Il est donc temps d'effectuer les derniers préparatifs avant de s'attaquer aux oeillets eux même.

On se met donc à préparer ce qui sert de réserve d'eau salée pour alimenter les oeillets en été.

Ces réserves s'appellent des adernes. On peut les agrandir, en "tuant" des oeillets, c'est à dire qu'au lieu de les consacrer à la production de sel, on se sert de 2 ou 4 oeillets dans une saline pour stocker de l'eau pour le reste des oeillets.

Ceci permet d'augmenter la productivité des oeillets restants.

Ces oeillets tués ne se nettoient qu'à  partir d'une salinité de 80/100g par litre, sinon une partie de la vase reste au fond, et viendra plus tard avec le sel.

Voici en images comment on prépare les oeillets tués et les adernes:

Les voilà avant, on voit du limu dans l'eau.

oeillet tué avant nettoyage

D'abord on les met à sec. L'eau n'est pas jetée, mais on la fait couler sur les oeillets qui sont juste apres dans le circuit.

oeillets tués à sec

Ensuite, on racle le fond, afin d'enlever le limu, et la vase. On jette le tout en dehors des oeillets.

Enfin, on "fait les ponts" c'est à dire qu'on applique une couche de vase sur les ponts afin de les protèger de l'érosion.

Et voilà le travail!

  oeillets tués prets

On peut voir que j'ai nettoyé trois pièces en tout, soit deux oeillets tués, au premier plan, et un pièce d'aderne.
Encore deux jours de boulot, et ce sera le tour des oeillets proprement dits, qui seront prêts pour le premier nettoyage, le boutage.
Je vous en parle dans quelques jours.

 

 


Par Lionel - Publié dans : Un peu de technique...
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Samedi 27 mai 2006

Bon, vous allez finir par croire qu'à Guérande les paludiers ne sont qu'une bande de fainéants!

En effet, ça fait maintenant plus d'une semaine qu'il a plu, et depuis,j'aurais dû vous parler d'évaporation, et on aurait dû se remettre au boulot.

Mais que dalle, il n'y a qu'à voir la photo:

  marais dans le brouillard

ça dure depuis trois ou quatre jours comme ça. On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas d'évaporation du tout, mais c'est au minimum.

On pourrait se dire que les marais restent en l'état, et qu'on va reprendre le travail là ou on l'a laissé, mais ce n'est pas ça non plus, et ce grace à une famille de plantes, la plus détestée de toutes par les paludiers:  le LIMU

Jamais entendu parler?

Normal, c'est un terme générique qui désigne tout ce qui ressemble de près ou de loin à des algues, et qui pousse dans l'eau des salines.

ceci n'est pas  de la mousse, c'est ça le limu. Notez qu'aujourd'hui on a retrouvé le soleil, j'ai pas pu résister à vous le montrer

En soi, ce n'est pas dérangeant, mais ces algues se comportent comme des filtres, et ralentissent l'eau, voire l'arrêtent completement. Et vu la faible pente des salines, on va être obligés dès lundi de "jouer du rateau", c'est à dire retirer les algues pour faire passer l'eau.

J'attends des conditions plus ensoleillées pour vous mettre des photos de limu, j'espère que ça ne va pas tarder.

Le limu n'est pas le seul à profiter de cette semaine d'arrêt pour envahir les salines. D'autres olibrius en profitent, on les appelle les tourne-pierres.

Ce sont des oiseaux, désolé je n'ai pas de photos, qui retournent consciencieusement les mottes des ponts d'argile, afin de chercher des vers en dessous.

Mais en faisant cela, ils défont tout ce que nous avons fait au mois de mars, rejetant de chaque coté du pont l'argile que nous nous sommes éreintés à mettre dessus.

Quand je vous dis qu'avec les oiseaux on se supporte mutuellement, ce n'est pas toujours vrai, les tourne-pierres, moi je les hais!!

 

 


Par Lionel - Publié dans : journal de bord
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Mercredi 24 mai 2006

La trappe de vasière est aux marais salants ce que la bouche est à l'homme. C'est par là que l'on prend l'eau de mer qu'on va garder pour lafaire circuler dans les marais pendant les 2 semaines qui nous séparent de la prochaine marée.

Comment ça marche?

C'est un peu comme une écluse, sauf qu'elle n'est étanche que dans un sens.

En effet elle doit pouvoir empecher l'eau de mer de rentrer si on n'en a pas besoin, ce qui est le cas à cette marée ci (l'eau nous est venue du ciel, pas besoin d'en prendre en mer!)

Par contre, elle laisse l'eau repartir librement. Ce qui garde l'eau, c'est la butte de terre qui est devant, et qui sert de trop-plein (ça s'apelle la cuve de vasière). Ici, c'est la partie qu'on voit lissée et brillante en argile qui sert de déversoir quand le niveau est trop haut.

C'est la hauteur de la butte de terre qui détermine donc la quantité d'eau qu'on va garder en réserve.

On peut voir que la "queue" de la trappe est percée de plusieurs trous, ce qui permet de règler le débit d'eau en fonction des besoins qu'on a.

On "mettra alors la vasière à prendre" à "un trou" ou "à trois trous" (ou autre).

Toutes les vasières ne prennent pas de la meme façon, en fonction de leur hauteur. Pour certaines (les plus proches du traict souvent) elles prennent à un coeficient de 60. Les plus hautes, elles prennent souvent à un coefficient supèrieur à 80.

Voilà, vous savez tout ou presque sur les trappes et cuves de vasière. Si ce n'est pas clair, dites le moi!!

Par Lionel - Publié dans : Un peu de technique...
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