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Lionel CHARTEAU

2 rue de Bellevue

44350 SAINT MOLF

 Tel: 06 75 43 06 31
liocharteau@cegetel.net

En Loire-Atlantique, découverte de la Presqu'île Guérandaise et du Parc Naturel régional de Brière. Informations et liens utiles, sites Internet, Hébergement, lieux touristiques, restauration, Artistes de la région. La Loire-Atlantique en Bretagne Sud pays de magie et de lumière
Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /2006 11:41

Vous allez finir par dire que les paludiers ne sont jamais contents.

On va plutot dire qu'on est comme tous ceux dont l'activité dépend essentiellement du temps qu'il fait. Et le temps, il change du tout au tout en pas longtemps, cette année.

Autant au mois de juin et jusqu'au 10 juillet on ne voyait le soleil que de temps en temps, autant depuis, ça a été la folie.

Vous avez entendu parler de la canicule?  nous aussi. Et quand elle s'accompagne d'une série de vent de nord-est, ça devient du délire.

Au moins, ce coup là, on a fait du sel. D'ailleurs, depuis le 10 juillet, on a produit presque autant que ce qu'on avait fait depuis le début de la saison.

Mais ce n'est pas le tout de produire, il faut aussi resprirer un peu, et ce matin tout le monde attend de voir ce que vont donner les orages qui pointent en mer. Malheureusement, il risque de ne pas pleuvoir, et adieu la pause, il va encore falloir se lever à 4h30 demain! Parce que'on ne cracherait pas sur une petite semaine de break, histoire de respirer un peu.

A défaut de pluie, on a eu ce matin un superbe lever de soleil.

Comme je ne suis pas égoïste, je vais vous en faire profiter un peu, ainsi que de quelques images glanées de temps en temps.

Voici les prémices d'un lever de soleil de toute beauté!

lever de soleil sur guerande

Et pas manqué, c'est un des plus beaux de l'été, pour l'instant.

lever de soleil sur les marais salants

en même temps, ce n'est pas signe de beau temps, de l'autre côté, un orage pointe déjà son nez:

http://idata.over-blog.com/0/34/02/21/photosdemarais/img-0145-1.jpg orage arrivant sur les marais

Allez, encore une photo que je trouve sympa:

le sel de guerande sous la lune

Comme vous le voyez, on se lève tot, on sue comme des bêtes toute la journée, on ne va pas à la plage, on n'a presque pas le temps de dormir, 

mais au moins on voit le lever du soleil, et le coucher aussi!!

Allez, je plaisante, si c'était si dur que ça, je changerais de métier.

 


Par Lionel - Publié dans : journal de bord
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Vendredi 7 juillet 2006 5 07 /07 /2006 18:28

Bon, nous sommes le 9 juillet, et cela fait maintenant un mois que nous avons commencé à voir du sel.

Il est donc temps de faire un point sur la situation:

Il n'a quasiment pas plu, donc il n'y a pas eu d'interruption dans la production. On devrait donc avoir des tas de sel déjà honorables, mais ce n'est pas tout à fait le cas.

Vous allez dire "allez, encore un qui est comme les autres paysans, jamais content et toujours en train de se plaindre"

C'est pas vrai!

Je suis toujours satisfait de ce que j'ai fait, moi! même si ça aurait pu être mieux. Mais normalement, sachant que l'on n'a pas fait de pause significative, on devrait être aux environs de 1 tonne de sel par oeillet, voire 1 tonne 500, ce qui correspond à 30 jours de récolte.

Voilà la saline du Bollé, la première fois où je prenais tous les oeillets

 

prise de sel au bollé

Or, sans trop s'avancer, on peut direqu'on est aux environs de 500kg par oeillet, ce qui n'est pas beaucoup.

Quant à la fleur de sel , je vous en parle même pas, j'ai tout juste sorti une tonne en tout.

Fleur de sel, la production d'une soirée au Bollé

fleur de sel, la récolte de la veille

Tout ça parce qu'on ne voit quasiment pas le soleil, tout juste un rayon de temps en temps.

Mais bon, on n'est que début juillet, et l'été n'est pas fini, on a le temps d'en faire d'autre.

Déjà, ils nous annoncent une belle semaine prochaine. (en même temps, c'est la marée qui arrive, ce serait étonnant que le temps ne se détraque pas un peu).

En parlant de ça, l'actualité, ici justement c'est le manque d'eau. Pas le manque de pluie, mais le manque d'eau de mer dans les vasières. Il va être temps que la marée pointe son nez, car on commence à "sucer les rais" (voir le lexique des expressions).

La photo de prise de sel plus haut au Bollé date de mi juin, je vous mets ces jours ci une photo plus récente, vous pourrez voir la différence de taille du mulon.

 


Par Lionel - Publié dans : journal de bord
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Lundi 3 juillet 2006 1 03 /07 /2006 15:02

Inogurons aujourd'hui cette nouvelle catégorie d'articles, consacrée aux "bestioles" du marais.

Elle comprend tous les animaux, à poils ou à plumes, voire à écailles, qui nous tapent sur les nerfs au fur et à mesure des saisons.

Un des héros de l'été, c'est le crabe vert.

Le crabe vert est indispensable à l'écosystème du marais salant. En dehors du fait qu'il se nourisse de tout ce qui traine dans l'eau des vasières (il s'arrête aux vasières car dans les salines l'eau est trop salée pour lui), mangeant des petits poissons, des crevettes, et surtout d'autres crabes verts, il a un rôle crucial, mal connu des naturalistes qui l'ont jusqu'à aujourdhui étudié:

EMMERDER LE PALUDIER.

Eh oui, s'il n'existait pas, l'eau coulerait tranquillement, il n'y aurait jamais d'incidents, et donc le paludier s'ennuierait ferme. Mais grâce au crabe vert, tout est différent.

En effet, son occupation favorite, au crabe vert, c'est de se fourrer dans les trous.

Je vous ai fait une photo pour illustrer mon propos:

Voici un règlage de sortie de vasière. C'est tout bête, on débouche autant de trous qu'on veut pour avoir le débit voulu

Vous ne le voyez peut être pas, mais un des trous est bouché. Et devinez par quoi???

par ça:

 

Alors, les paludiers ont longuement réfléchi depuis des générations pour mettre au point une méthode de dressage efficace, qui vise à éviter que les crabes ne retournent dans les trous.

La première étape, comme vous le voyez ci-dessus, consiste à expliquer au crabe qu'il ne doit pas se mettre dans les trous, car c'est embêtant.

Ensuite, on le pose sur le dos, jusqu'à ce qu'il dise "oui monsieur":

Evidemment, il est très rare que le crabe obtempère.  Il suffit alors de le caresser délicatement avec la pointe du pied, et tout va aussitot beaucoup mieux:

Voilà, maintenant, il ne retournera plus dans aucun trou!!

Bon d'accord, j'ai peut être appuyé un peu fort, mais je vous jure, ça marche.

Alors, ça y est , vous pensez maintenant savoir pourquoi les paludiers, n'aiment pas les crabes.

Mais vous êtes loin de la vérité, car il y a encore deux raisons essentielles à cela:

1) le crabe vert ne se mange pas (à part en soupe, mais ce n'est pas fameux) (car le paludier aime souvent les animaux, surtout lorsqu'ils se mangent!!)

2) Le crabe vert est véritablement retors. Lorsqu'il n'y a pas de trou pour se fourrer, il en crée lui même. Et je peux vous garantir qu'ils ne creusent jamais au bon endroit, et ils sont à l'origine de nombreuses fuites qui tournent souvent à la catastrophe.

Par Lionel - Publié dans : Les bestioles
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Lundi 26 juin 2006 1 26 /06 /2006 15:14

Bon, le titre c'est une blague!

(c'est pour monter dans les moteurs de recherche)

Ceci dit, j'espère que les semaines à venir vont me faire mentir! Je sais pas chez vous, mais ici, l'été traine à arriver.

La saison qui devait donc commencer en fanfare il y a deux semaines, n'en finit pas de démarrer.

bien sûr, on fait du sel, mais au ralenti, et il n'y a rien de plus énérvant. Alors qu'on devrait ramasser au moins 50 kg de sel tous les jours dans chaque oeillet, on a à peu près 30 kg, et tous les 3 jours.

La faute à qui? A la mer, qui n'est pas assez salée, au mauvais temps (il ne pleut pas, mais il ne fait pas beau non plus), ou peut être aux oeillets, qui auraient décidé de se reposer cette année?

Bref, on n'en sait rien, et on ne peut même pas accuser quelqu'un!

Ah, heureux les salariés, qui ont au moins un patron ou un chef pour se défouler!!!

Bon, je vous ai fait quand même une ou deux photos, pour vous montrer qu'on bosse quand même un peu de temps en temps!

La Mothe, un soir de prise:

la mothe un soir de prise

 

Mais pour revenir à des préoccupations plus rigolotes,je vous devais depuis plusieurs semaines les photos de la remise de notre désormais célèbre trophée;

LES OREILLES D'OR

Eh oui, bientot Cannes n'aura plus qu'à bien se tenir. On n'est pas encore parfaits en terme d'organisation, (surtout pour les photos, prises par mon stagiaire. On voit bien qu'il a suivi une formation de paludier, et non de photographe)
Voici donc le lauréat en titre, suite à une performande mémorable en 2005, j'ai nommé...
JEAN LUC!
jEAN LUC
Et voici maintenant le l'heureux élu 2006, dont la performance sera présente dans toutes les mémoires pour surement plusieurs décénnies,

PIERRE MARIE

Voyez comme il a l'air heureux!!
Et notez que sa femme, derrière, a elle écopé de la Minnie d'or!!
Par Lionel - Publié dans : evenements
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Dimanche 11 juin 2006 7 11 /06 /2006 15:16

Dans les marais salants de Guérande, on utiilise fréquemment un vocabulaire très imagé, riche en expressions qui pour le profane ne veulent absolument rien dire.

En voici donc une sélection non exhaustive, qui peut vous aider, si un jour vous discutez avec un paludier au bistrot.

EXPRESSIONS LOCALES:

- "compter ses oeillets":

aller faire un tour au marais après une pluie, alors qu'il n'y a rien à faire. Au retour, on te demande toujours: "Alors, t'es allé les compter?" ou encore "Ils étaient tous là?"

Cette expression illustre bien comme à Guérande on considère ses oeillets comme un troupeau. Il faut dire qu'à force, on connait chacun de ses oeillets, on sait comment chacun réagit, bref, on finit par s'y attacher!

- "Perdre la queue de l'eau":

Avoir des fares à sec, c'est à dire que la circulation de l'eau est rompue. Situation très désagréable, et c'est toujours à ce moment qu'un collègue pointe son nez. C'est un grand moment de solitude! Cette expression s'accompagne facilement de quelques jurons que la décence m'interdit de répéter ici

- "Avoir gras d'eau":

 C'est exactement l'inverse de la précédente, c'est à dire que le paludier a à ce moment là trop d'eau sur son terrain ou sur ses oeillets. C'est moins vexant que perdre la queue, mais c'est pas meilleur pour faire du sel.

- "Sucer les rais":

Prendre les dernières gouttes d'eau d'une vasière (c'est une situation de crise). On appelle les rais le tour de la vasière, plus creux que le milieu (peluet) justement pour pouvoir la vider complètement.

vous pouvez constater par vous même qu'il n'y a rien de scabreux dans cette expression!!

DICTONS:

Les dictons, au marais comme dans le reste des campagnes, sont le plus souvent liés à la météo. Ils nous permettent de prendre du recul par rapport à météo france, surtout à l'approche du week end, où Evelyne délia nous promet toujours du beau temps pour ne pas avoir l'industrie du tourisme sur le dos.

Celui que je préfère: "Ciel pommelé comme femme fardée n'est jamais longue durée":

Il s'explique (concernant le ciel) par le fait que les nuages pommelés sont significatifs de l'arrivé d'une perturbation. On peut se douter d'un changement de temps à la flotte dans les heures qui suivent.

Pour ce qui concerne les femmes, je ne me prononcerai pas.

- "Mer qui sonne dans la Croix de l'Anse, Du sel en abondance"

Significatif d'un vent de nord-ouest. La Croix de l'Anse, c'est le bout de la baie de la Turballe qui est au nord ouest des marais.  C'est pour ça qu'on entend le ressac quand le vent vient de là. Et le vent de Nord Ouest est signe de temps durable, c'est donc le meilleur vent pour faire du sel.

-" Sel de Mai n'enrichit pas son paludier"

Celui là n'a pas de rapport avec la météo. Il date de quand les négociants régnaient en maitre sur le commerce du sel. Ils baissaient le prix du sel à chaque fois qu'ils le pouvaient, de préférence lorsqu'il y avait des grosses saisons, et que les paludiers n'avaient plus de place pour stocker le sel.

-"La brume qui rentre en mer, c'est de la pluie dans les trois jours"

 Celui là je ne me l'explique pas, je sais seulement qu'il fonctionne. ça se passe quand des nuages le matin disparaissent en mer au lieu de se diriger vers l'est comme d'habitude.

- "Orage de mer, quarante jours!"

Comprenez quarante jours de mauvais temps, bien sûr. En fait, le premier qui dit ça en voyant un orage pourra pendant quarante jours, vous dire "je te l'avais bien dit!" à chaque fois que le temps va se gâter.

Et comme on n'a quasiment jamais quarante jours de beau temps sans pluie, ça permet au moins à une personne d'avoir l'impression de pouvoir prévoir le temps!

Tant qu'on est dans les dictons inutiles, en voici un pas mal:

-" Vaut mieux ce temps là que pas de temps du tout"

Celui là, il se passe de commentaires! (Merci Philippe)

 

- "ça tourne en rien quand ça a pris l'air"

Se dit de la vase qu'on jette par dessus le talus et qui arrive chez le voisin.

Inutile de dire que cette "vérité" n'est que rarement confirmée par le voisin en question!

 

comme pour le lexique, cet article sera étoffé à mesure que les expressions me reviendront en mémoire, ou que j'en entendrai une .

Par Lionel - Publié dans : lexique du sel
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