quelques photos

En Loire-Atlantique, découverte de la Presqu'île Guérandaise et du Parc Naturel régional de Brière. Informations et liens utiles, sites Internet, Hébergement, lieux touristiques, restauration, Artistes de la région. La Loire-Atlantique en Bretagne Sud pays de magie et de lumière
Jeudi 6 décembre 2007
Je profite de la tempête dehors pour rester au chaud et me remettre au clavier, ça faisait longtemps.
Il ne se passe pas grand chose au marais, alors profitons en pour mettre en ligne un article que je voulais faire depuis un moment. 
Le sujet de mon article?
ceci:
français

Evidemment, vous allez me dire "mais ce n'est qu'un bout de bois!"
Et vous aurez raison, en partie du  moins. C'est un bout de bois, mais ce n'est pas qu'un bout de bois.

Regardons le en situation:

Maintenant, vous allez me dire "ah oui, c'est un bouchon!"
Et vous aurez encore raison (en partie encore).

Nous, on appelle ça un règlage, car c'est par ces tuyaux qu'on régule l'arrivée d'eau dans les salines, et aussi à l'intèrieur des salines, entre chaque "batterie de fares" .
Une batterie de fares étant un ensemble de bassins de chauffe du même niveau, dans lesquels l'eau circule sur une épaisseur d'environ 5 mm à 1 cm.
dans une saline, il ya deux, ou trois batteries de fares avant d'arriver aux adernes, puis aux oeillets.
Et à  chaque changement de niveau, on pose un règlage comme ci-dessus, pour "règler l'eau", selon la formule consacrée.
On pourrait se demander, tout comme je l'ai fait en arrivant au marais, comment on calcule le diamètre des trous à faire dans le tuyau, et le nombre de trous à faire.
Eh bien on demande aux autres! (au début du moins) ou alors on se sert de la célèbre calculatrice pifomètrique, au risque de devoir enlever le  règlage quelques jours plus tard, et d'avoir à refaire des trous du diamètre adéquat. Puis vient l'expérience, quelques années plus tard...

Bon, voilà pour l'explication technique.
On pourrait se demander pourquoi je parle de "français" dans le titre.
Tout simplement parce que les bouts de bois dont on se sert pour boucher les trous, qu'on appellerait  facilement des chevilles, ou que les marins appelleraient des pinoches,
nous on les appelle des "fronçais",ou  des "fonçais".
Et l'autre jour un ancien m'a expliqué pourquoi. Alors je me suis dit, chouette, un sujet pour mon blog, et qui va traiter d" Histoire en plus.
Car pour ça il faut remonter plusieurs années en arrière, lorsque le sel était encore une  marchandise de grande valeur, et du coup soumis à l'impot bien connu: "la gabelle".
A cette époque là (n'attendez pas de moi que je vous donne des dates, je ne suis pas historien, je sais juste que les anciens s'en souviennent encore), le marais était cerné de cabanes de douaniers, qui veillaient à ce que les paludiers ne sortent pas de sel en douce.
Et ces douaniers, qu'on appelait "français" à l'époque, contrôlaient aussi le traffic du vin en bariques.
Or, pour vérifier ce qu'il y avait dedans , ils prélevaient des échantillons en perçant le fond des bariques (on raconte même qu'ils prélevaient de "larges" échantillons),
puis rebouchaient les trous en y enfonçant des chevilles de bois, semblables à celles qu'on utilise au marais.

Et voilà pourquoi les chevilles s'appellent aujourd'hui "fronçais", en mémoire des douaniers de l'époque.
Et voilà, un morceau de l'histoire de France que vous ne trouverez pas dans les livres!
Par Lionel - Publié dans : Un peu de technique...
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Mardi 23 octobre 2007
Pour bien manger, il n'est pas forcément besoin d'aller bien loin.

Dans la catégorie "produits et tables de qualité en Bretagne", j'avais mis quelques liens vers de bons restaurants, dans toute la Bretagne (liste non exhaustive bien sûr).
Et je me suis rendu compte l'autre jour, au détour d'une soirée gourmande qu'on pouvait aussi très bien manger tout près de chez nous.
Vous trouverez donc dès aujourd'hui un nouveau lien, vers le CARPE DIEM.

La famille LEHUEDE a choisi la campagne plutôt que le remblai, et ça tombe bien, on n'y va pas pour se montrer, mais juste pour bien manger!
Par Lionel
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Dimanche 21 octobre 2007
J'ai un peu honte.
Suite à une crise de flemme prolongée, doublée d'un manque d'inspiration notoire, vous avez sans doute remarqué l'inactivité de ce blog.
Mais c'est terminé, et je reprends la plume enfin, pour vous donner les dernières nouvelles du front.
Et pour commencer, tirons donc le bilan de cette saison passée si minable fut-elle.

Saison exceptionnelle, il faut bien dire, puisque nous n'avons déchargé les marais que fin juillet, alors que d'habitude on fait ça mi juin.
Puis nous n'avons récolté que 5 jours au début du mois d'aout, avant d'être à nouveau interrompus par la pluie.
Heureusement, le mois de septembre a été beau, et on a du coup pu récolter du sel, et même de la fleur de sel pendant quasiment tout le mois.

Au final, donc, pour vous donner une idée, on a en moyenne récolté un quart du sel qu'on ramasse normalement sur une saison.
Ceci dit, l'heure n'est pas pour autant aux lamentations, on sort d'une série de bonnes saisons, et comme le sel se conserve, il nous reste des stocks des années passées, et vous n'êtes pas prets de manquer de sel de Guérande!!

Pour me faire pardonner de ma longue absence, je vous mets quelques photos, qui illustrent bien ce qu'est la fleur de sel, pour ceux qui ne voient pas trop à quoi elle ressemble dans les marais:

fleur de sel
Elle se forme partout dans l'oeillet, mais le vent la pousse vers les bords, où elle s'agglutine en "croute" semblable à de la glace à la surface d'un étang.
C'est pourquoi on la ramasse en passant par en dessous, à l'aide d'une lousse à fleur, sorte d'écumoir.
En voici une autre photo, sur laquelle on voit aussi du gros sel (posé sur le fond d'argile, lui) qui émerge un peu de l'eau vers le milieu de l'oeillet:
Par Lionel - Publié dans : journal de bord
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Jeudi 30 août 2007
Voilà, l'été tire à sa fin.
En tout et pour tout, je n'ai fait que six jours de récolte, et encore avec des prises étonnamment ridicules.
Ce qui me rassure, c'est que je ne suis pas seul dans ce cas, on est tous pareils ici.
Mais, après les pluies encore abondantes du début de la semaine dernière, on a enfin eu ce qu'on attendait depuis le mois de mai, une "tempête de vent d'est".
Car quand le vent d'est ou de nord souffle en furie, on  voit presque l'eau s'évaporer à vue d'oeil.
Du coup, l'eau douce est quasiment évaporée, et dans deux jours normalement, on devrait revoir du sel.
D'après les anciens, on peut toujours sauver une saison en septembre, s'il fait assez beau.
Peut être même que ça me redonnera l'envie de faire des photos des marais, parce que cet été, ça me déprimait trop!
Alors à bientot, et croisez les doigts, ceux qui veulent voir du sel de Guérande en 2007!
- Publié dans : journal de bord
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Lundi 20 août 2007

ça y est, j'ai retrouvé mon appareil photo!

Ceci dit, ça ne sert pas à grand chose, vu qu'il n'y a pas grand chose à voir dans les marais salants.

Eh oui, les jours de pluie se succèdent, alternant avec les jours de grisaille. Bref, il n'y a pas beaucoup d'eau dans les marais, il ne faudrait pas grand chose pour que ça reparte, à part un peu de soleil.

Mais du soleil, on n'en a pas! Il pleut encore aujourd'hui!

En attendant des jours meilleurs, ça me laisse le temps de répondre à Jean Pierre Coffe, suite à son émission sur le sel sur France Inter au mois de juillet.

Répondre est un bien grand mot, en fait, je ne me sens pas de taille à "répondre" à une pointure des médias comme Mr Coffe. Tout au plus, j'ai juste envie de donner mon sentiment de producteur.

Tout d'abord, l'écoute régulière de son émission me fait me poser une question de base:

Que s'est il passé entre Jean Pierre Coffe et le sel de Guérande??

Evidemment, je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est qu'à priori, Mr Coffe ne nous porte pas bien haut dans son estime. Pour preuve, dans un ouvrage dont je ne me souviens plus du nom, il y a quelques années, Mr Coffe assurait que le sel de Guérande n'était qu'un pur "produit marketting".

 

Dans une autre émission de France Inter, l'année dernière, alors qu'il recevait un fumeur de saumon du pays des Abers (nord Finistère), il essayait de le convaincre qu'il n'y avait pas de différence entre le salage au Sel de Guérande et le salage au sel "Industriel".

Heureusement, le Breton n'est pas rentré dans son jeu!

Et en juillet dernier, cerise sur le gateau!

Effectivement, l'émission commence par le prix du sel. Et qu'ouï-je??

Que le prix du sel varie entre quelques centimes d'euros, (pour du sel industriel) à 17 euros du Kilo pour de la fleur de sel.

Jusque là, rien d'étonnant, tout le monde sait que la fleur de sel coûte plus cher que le sel de base (sinon, je peux vous assurer qu'à Guérande on ne s'embeterait sûrement pas à la cueuillir, vu comment c'est compliqué par rapport au gros sel!!)

Mais la suite est édifiante: je cite:"la fleur de sel coute jusqu'à 17 euros du kilo, pour le même pouvoir salant".

Et que dire à ça?

Eh bien tout d'abord que c'est vrai, si on met la fleur de sel dans la soupe!!!!

Mais à qui viendrait une idée pareille?

Moi, je ne répondrai rien à ça. Je vous demanderai juste de faire vous même une expérience:

 

Prenez une tomate (cerise, ou grappe) du jardin (qu'elle ait du goût, tant qu'à faire).

coupez la en deux.

Sur la première moitié, salez avec du sel industriel, tel qu'on en trouve dans le sud de la France (facile à reconnaitre, il y a un cétacé sur l'étiquette).

Salez avec la même quantité, mais de fleur de sel de Guérande cette fois, la deuxième moitié de la tomate.

Goûtez les deux moitiés de tomate, mais sans attendre que la fleur de sel ne fonde (le secret pour la fleur de sel, c'est qu'elle ne doit pas fondre, on doit trouver les cristaux dans la bouche).

ensuite allumez votre ordinateur, et envoyez un commentaire sur ce blog pour faire part de vos impressions.

Vous pouvez également envoyer une copie de vos impressions à Mr Coffe, qui manifestement n'a jamais pris le temps de faire cet essai!!

Si jamais vous n'avez pas de tomate  chez vous:

Voici une autre expérience tout aussi parlante.

Prenez une (petite)  pincée de fleur de sel, et goûtez la telle quelle.

Beaucoup de gens hésitent à faire ça, et si vous ne l'avez jamais fait, vous serez surpris vous aussi de voir qu'on peut "manger du sel" seul.

Maintenant, buvez un coup, et retentez l'experience avec le sel industriel.

Voilà, j'ai réussi à répondre à Jean Pierre Coffe sans m'énerver !!!

Je suis content de moi.

Juste un mot pour finir:

Après lecture de ce blog, ai-je besoin de vous demander si vous croyez que nous sommes à Guérande des "ingénieurs marketting", ou des producteurs artisanaux, qui aimons à la fois notre métier, nos marais, et le sel que nous produisons?

Et à Jean Pierre Coffe:

Venez donc un peu vous promener dans les marais salants, vous qui (d'après votre site) aimez rencontrer des petits producteurs.

Je vous ferai visiter moi même les marais si vous voulez, c'est dire si j'ai le pardon facile !!

 

 

 

Par Lionel - Publié dans : LA CUISINE AU SEL DE GUERANDE
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